Meules

Longtemps délaissés, de simples blocs de pierres oubliés sur les rayonnages des musées, les meules constituent maintenant un matériel clé pour la compréhension de l’artisanat de la pierre, et surtout de l’artisanat du pain. Un groupe d’étude dépoussière ces vestiges afin d’en restituer la chaîne opératoire de leur fabrication, de leur commercialisation et de leur utilisation (Groupe Meule www.archeo.ens.fr/spip.php?rubrique44 .Ces objets du quotidien, taillés dans des roches de nature différente, sont extraits à l’époque romaine, de carrières spécifiques. Une collaboration avec des géologues permet d’identifier ces carrières. Le but étant, à l’échelle du territoire, de cerner des aires de diffusion des différents matériaux selon leur disponibilité et leur qualité, c’est-à-dire leur adaptation à un usage soit alimentaire, soit artisanal.

Jusqu’à présent, peu de meuneries ou de boulangeries ont été identifiées dans le nord de la Gaule, mais l’analyse morphologique des meules permet de déterminer le mode de fonctionnement des moulins. Par la description systématique du mobilier, on peut distinguer les moulins manuels, dévolus à un usage essentiellement domestique, des moulins à entrainement mécanique, aux dimensions plus importantes, destinés à moudre et broyer à plus grande échelle, autant dans les villes que dans les établissements ruraux. Une connaissance approfondie de ces modes de fonctionnement permettra, à terme, de reconnaître sur le terrain les traces des activités de mouture et de broyage.